Philosophie sociale

Au cours du 20ème siècle, le développement des sciences sociales et humaines a profondément affecté et l’objet et la forme de l'interrogation conceptuelle sur la socialité, contraignant le discours philosophique à prendre en charge l’historicité de l’être-social. En instaurant une distance critique avec le paradigme contractualiste - partagé entre une approche transcendantale centrée sur les conditions de possibilité de la socialité humaine et une approche normative centrée sur les conditions du bien commun -, il s'agit de construire un discours philosophique articulé aux sciences sociales et humaines qui prend pour objet les devenirs, transformations et mutations révolutionnaires qui travaillent toute vie sociale. Il s'agit également de prêter attention aux différents modes de subjectivation sociale et politique, qu'elles soient dominantes ou dissidentes, majoritaires ou minoritaires. Sur ce sujet, les travaux de l'U.R. recroisent en bien des points les centres d'intérêt (les précaires, les sans-voix, etc.), les références (Hegel, le jeune Marx, l'Ecole de Francfort, etc.) et les problèmes philosophiques (le problème de la reconnaissance, de l'aliénation, etc.) du courant qui, d'Axel Honneth à Frank Fischbach, Guillaume Leblanc ou Emmanuel Renault, appelle à la constitution d'une philosophie sociale. Mais on s'emploie principalement à aborder les phénomènes sociaux depuis les luttes qui les traversent, dans le sillage des différents marxismes et critiques du marxismes dans la France d'après-guerre (Sartre, Althusser, Lefebvre, Deleuze, Foucault, Rancière, Badiou, Balibar).